Retour

Sustainability

Gestion de la durabilité pour les biens immobiliers: immortaliser l’instant

Miriam Kittinger 05.05.2017

Le développement durable a fait son chemin. Il s’impose parmi les objectifs stratégiques des gestionnaires professionnels de biens immobiliers. Mais le voyage vient à peine de commencer.

L’énergie – Thème numéro un

Qu’il s’agisse de la gestion du pilotage de l'immobilier d'entreprise (CREM), de la gestion du patrimoine immobilier public (PREM) ou des opérations de placements immobiliers, de nombreuses organisations qui s’occupent professionnellement de biens immobiliers sont aujourd’hui confrontées au thème du développement durable. Dans ce contexte, figure, la plupart du temps, en tête du programme stratégique, la consommation énergétique, respectivement les émissions de gaz à effet de serre qui en découlent. Et à juste titre. Le changement climatique représente l’un des plus grands défis mondiaux de notre ère. Ses conséquences ne se limitent plus depuis longtemps à l’environnement naturel, mais entraînent également de sérieux problèmes pour l’économie et la société. En Suisse, quelque 40% de la consommation énergétique globale et un tiers des émissions de CO2 sont imputables aux bâtiments (source: OFEV). La consommation liée à la construction (processus et matériaux) n'est pas incluse. Parallèlement, le secteur immobilier recèle un énorme potentiel en termes d’augmentation du rendement énergétique et de remplacement des énergies fossiles par des énergies renouvelables.

Contexte politique et normatif

Le pouvoir politique a identifié le potentiel et l'urgence de faire face au changement climatique dans le secteur immobilier. Différents développements indiquant la même voie à suivre:

  • Le secteur de l'immobilier occupe une place importante dans la Stratégie énergétique 2050 du Conseil fédéral. Le premier paquet de mesures de la stratégie 2050 prévoit, entre autres, la reconduction du programme Bâtiments (augmentation du montant maximum des moyens financiers de CHF 300 millions, aujourd’hui, à CHF 450 millions). Une révision du programme Bâtiments lui-même (nouvelles conditions posées aux cantons) et un élargissement des avantages fiscaux en cas d’assainissement énergétique des bâtiments sont également au programme. Le référendum contre la loi sur l’énergie (LEne) du 30 septembre 2016 a été demandé et a abouti. L’objet sera soumis au vote populaire le 21 mai 2017.
  • L’EnDK (Conférences des directeurs cantonaux de l'énergie) a déjà approuvé, en janvier 2015, le MoPEC 2014 (Modèle de prescriptions énergétiques des cantons). Ce dernier illustre l'objectif d'un bâtiment chauffé si possible entièrement de manière autonome tout au long de l’année. Par conséquent, une nouvelle construction réalisée d’après les standards du MoPEC 2014 ne consommera pas plus qu’environ 3,5 litres d’équivalent mazout par m2 pour le chauffage et la production d'eau chaude. À titre de comparaison: une nouvelle construction respectant les standards Minergie actuels (2009) ne consomme pas plus de 3,8 litres.
  • Les MoPEC ne sont pas des lois mais des recommandations. Leur transposition en directives de construction contraignantes est du ressort des cantons. L’ancienne version du MoPEC 2014 (MoPEC 2008) est aujourd’hui appliquée dans presque tous les cantons. Les premiers cantons pourraient faire valoir l’application obligatoire du MoPEC 2014 dès 2018.
  • À l’échelle internationale, l’Accord de Paris sur le climat, fin 2015, a montré l’exemple. Condition pour qu’il entre en vigueur: sa ratification par 55 États qui, ensemble, génèrent au moins 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Cette condition a été remplie en octobre 2016. La Suisse a signé ce contrat mais ne l’a pas encore ratifié. Or, le Parlement prévoit de le faire pendant la session d’été 2017.

Large éventail de thématiques

Outre les objectifs de durabilité liés à l’énergie, d’autres aspects du développement durable se glissent également sur le devant de la scène immobilière: le paysage des labels a récemment été étoffé de deux nouveaux membres: DGNB Swiss et LNBS qui, de par leur thématique, vont bien au-delà de l’énergie. En effet, un grand nombre d’autres aspects écologiques, mais aussi sociaux et économiques sont abordés. Les labels bâtiment internationaux, qui ne se limitent pas non plus, la plupart du temps, au thème de l’énergie, s’imposent de plus en plus comme standard adopté par les grands locataires commerciaux et maîtres d'ouvrage actifs à l’international.

Un démarrage lent

Bien que les signes de notre époque soient clairs, formuler une stratégie de gestion immobilière durable conforme au contexte actuel soulève des questions inédites pour les acteurs concernés, sachant que nous avançons également en terrain inconnu lorsqu’il s'agit de mettre en œuvre cette stratégie. À cela s’ajoutent les obstacles structurels, comme le dilemme propriétaire/locataire, ainsi que les incertitudes liées à l’évolution effective du contexte normatif. Le développement d’une telle stratégie progresse donc lentement, les potentiels n’étant pas entièrement exploités.

pom+ épaule les gestionnaires immobiliers / de portefeuille dans la consolidation d'une gestion de la durabilité pour les biens immobiliers. Dans ce contexte, une série d'articles sur ce sujet paraîtra dans les semaines à venir.

Gestion de la durabilité

Le développement durable a fait son chemin.