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Trends

Nouvelles formes de propriété en vogue : la propriété temporaire du logement

Dr. Joachim Baldegger 16.08.2022

La "propriété temporaire du logement" s'adapte aux conditions de vie et aux besoins des propriétaires. Dans l'ère actuelle de l'individualisme, ce modèle semble tout à fait prometteur. Pourtant, le secteur de la construction et de l'immobilier estime encore que cette tendance est peu pertinente. C'est ce que montrent les résultats de l'édition de cette année de l'enquête Digital Real Estate de pom+. Nous avons voulu savoir de notre expert pourquoi il en est ainsi et si cela va durer.

Un rêve devenu réalité ! Pour de nombreuses personnes en Europe, devenir propriétaire de son logement est devenu un objectif inaccessible au cours des dernières décennies. Et si les moyens sont là, la jeune génération en particulier n'est pas sûre qu'un tel engagement en vaille encore la peine dans le monde d'aujourd'hui où tout va très vite. Qui sait aujourd'hui exactement où l'on veut vieillir ? 

Dans ce contexte, de nouvelles idées et formes de propriété s'établissent lentement, comme par exemple la "propriété temporaire du logement". Dans ce modèle, la propriété d'un logement est limitée à l'avance à une durée déterminée. La période est déterminée en fonction des besoins et des conditions de vie des acheteurs. Lorsque, par exemple, l'évolution de la carrière nécessite un déménagement à l'étranger ou le départ des enfants, de nombreuses personnes sont prêtes à modifier leur situation de logement. Le prix d'achat se mesure alors uniquement à la durée d'utilisation et est donc plus abordable. Les investisseurs et les propriétaires peuvent rénover l'objet de manière à le rendre commercialisable après la restitution et éviter ainsi que le bien immobilier ne devienne obsolète. C'est du gagnant-gagnant, non ? 

Apparemment pas. Une enquête récente menée auprès de 200 cadres et professionnels du secteur de la construction et de l'immobilier révèle que l'influence des nouvelles formes de propriété sur le rôle de leur propre entreprise est jugée très faible. Les utilisateurs de biens immobiliers ne voient eux aussi que partiellement la valeur ajoutée : 85 pour cent attestent d'une influence faible ou très faible de cette tendance. Ce n'est que dans la commercialisation que l'on s'attend à des répercussions sur son propre domaine d'activité. Un peu plus de la moitié des personnes interrogées s'attendent à des conséquences mineures à moyen terme pour le secteur immobilier. 

L'appréciation de l'expert

  • Ne sont pas surprenantes, mais reflètent plutôt la diffusion actuellement (encore) quasi inexistante de nouvelles formes de propriété. Actuellement, c'est surtout la recherche qui se penche sur cette tendance. En Suisse, il n'existe actuellement qu'un seul objet à Berne qui repose sur le principe de la "propriété du logement à terme". D'autres immeubles sont prévus, mais il n'est pas encore certain que la mise en œuvre ait réellement lieu.
  • Les investisseurs sont encore prudents, la tendance à la flexibilité de la propriété du logement semble encore difficile à saisir. Les premiers essais avec le modèle temporaire sont possibles pour les immeubles en propriété par étage qui approchent du premier cycle de rénovation. Les problèmes liés aux fonds de rénovation insuffisamment alimentés et aux intérêts divergents des propriétaires par étage sont souvent mis en évidence. Cette tendance offre aux propriétaires de logements existants des possibilités intéressantes de revaloriser leur propre portefeuille immobilier avec des objets d'habitation de qualité bien situés.
  • L'individualisation croissante s'accompagne de nouveaux modèles de vie non conventionnels et modifie donc la demande de logements en propriété. L'importance et la délimitation des différentes étapes de la vie augmentent et pourraient donc également avoir des répercussions sur le type de logement correspondant. L'idée actuellement répandue de la "propriété éternelle" devrait s'en trouver affaiblie et l'ouverture à de nouveaux modèles devrait augmenter.
  • Il faut néanmoins s'attendre à ce que la "propriété temporaire du logement" reste un phénomène marginal. Du côté des investisseurs, ce modèle est encore trop peu attractif. Grâce à l'abondance de capitaux de la dernière décennie, il y en a toujours eu plus qu'assez et la pression pour essayer de nouvelles idées est tout simplement trop faible. Dans un premier temps, les nouvelles formes de propriété devraient surtout être adoptées par les coopératives et les investisseurs innovants à vocation sociale dans les zones urbaines.
  • Néanmoins, il faut s'attendre à ce que les exigences en matière de logements abordables, tant pour les locataires que pour les propriétaires, s'intensifient au niveau social et politique. Il est donc intéressant pour les investisseurs professionnels d'analyser les approches innovantes et de se pencher sur les nouvelles formes de propriété.

À propos de l'étude

Depuis 2016, l'enquête Digital Real Estate recense chaque année l'état de la transformation numérique du secteur de la construction et de l'immobilier en Suisse et, depuis 2019, également en Allemagne. Le livre blanc présente la situation actuelle dans les deux pays en se basant sur les estimations de différents dirigeants et professionnels de la branche et est complété par l'expertise des conseillers de pom+Consulting AG.

L'étude peut être téléchargée gratuitement. L'étude n'est disponible qu'en allemand.

Download l'étude