Les bâtiments connectés et la sécurité d'exploitation s'excluent-ils mutuellement ? Alors que les smart buildings offrent sans aucun doute de nouvelles possibilités en termes d'efficacité, de confort et de durabilité, ils posent également des exigences accrues en matière de sécurité d'exploitation. Une planification minutieuse est indispensable.
La numérisation de l'immobilier progresse. Suivant le plan par étapes de bauen digital/buildingSMART Switzerland, les bâtiments sont de plus en plus construits avec des systèmes en réseau. Ces bâtiments dits intelligents utilisent les bases de l'Internet des objets (IoT) et sont équipés d'une multitude de capteurs et d'appareils en réseau.
Les bâtiments intelligents et leurs avantages
Toutes les parties concernées en tirent profit : Les propriétaires immobiliers peuvent exploiter le bâtiment de manière plus efficace, ce qui profite à la fois aux locataires et à l'environnement. Plus facile à dire qu'à faire. Il faut développer les bonnes stratégies pour rendre les big data, l'intelligence artificielle et les systèmes d'auto-apprentissage utilisables. En même temps, les bâtiments modernes doivent être rentables tout au long de leur cycle de vie, non seulement lors de leur construction, mais aussi lors de leur fonctionnement. Dans le domaine de l'habitat, appelé smart home, le contrôle de l'éclairage, de la climatisation et de la protection solaire via un système intégré, par exemple, est désormais très répandu. Le fait que les systèmes de vidéo/interphone soient remplacés par des smartphones et que l'on puisse surveiller et optimiser sa propre consommation d'énergie en ligne est (encore) une exception.
Le bureau intelligent, appelé smart office, offre en outre des valeurs ajoutées pour l'exploitant, par exemple en ne nettoyant que les postes de travail et les salles de réunion effectivement utilisés grâce à des capteurs et une application correspondante. L'utilisateur a également recours à une application. Elle régule l'accès, permet de réserver des postes de travail, des salles de réunion ou des places de parking pour les visiteurs ou indique la longueur de la file d'attente au restaurant du personnel.
Les bâtiments intelligents ont besoin de systèmes en réseau
Mais pour que de telles applications fonctionnent, les systèmes utilisés doivent être mis en réseau. Et c'est parfois là que réside le plus grand défi des bâtiments intelligents. Car cette interconnectivité nécessite généralement plus de dix interfaces techniques, même dans le domaine de l'habitat. Les données importantes pour le fonctionnement sont transmises via jusqu'à quatre interfaces, parfois même des données sensibles des locataires. Dans les grands bâtiments, la plupart des systèmes ont besoin d'un serveur et sont connectés à Internet.
Et la sécurité de fonctionnement ?
Le secteur de la construction se focalise sur la continuité de la chaîne de valeur dans le cadre de la planification et de la réalisation des bâtiments. Malheureusement, la manière dont les bâtiments intelligents peuvent être exploités de manière sûre et économique n'a pas encore été prise en compte. En effet, l'exploitation des bâtiments intelligents est bien plus complexe que celle des bâtiments traditionnels :
- La défaillance d'un système en réseau peut entraîner une panne générale de la gestion du bâtiment.
- La recherche d'erreurs en cas de pannes couvrant l'ensemble du système est extrêmement complexe.
- Lors des mises à jour des applications du système, il faut parfois adapter l'interface technique.
- Le concierge responsable est souvent dépassé par la complexité du système, ce qui peut entraîner des erreurs de manipulation et des pannes insolubles.
Une cybersécurité sophistiquée est tout aussi importante pour protéger les systèmes, les réseaux, les programmes et les données contre les accès non autorisés, les cyberattaques, le vol de données ou les dommages. C'est justement du point de vue de la nouvelle loi suisse sur la protection des données que les choses peuvent mal tourner en matière de protection et de sécurité des données.
Un défi critique pour la sécurité
Lors d'un changement de locataire, il faut s'assurer que le nouveau locataire n'ait pas accès aux données sensibles du locataire précédent. En cas d'utilisation de tablettes courantes, il faut s'assurer que la caméra et le microphone ne sont pas utilisés en arrière-plan sans autorisation. Les données sensibles doivent être correctement cryptées afin d'éviter toute utilisation abusive. Les mises à jour des logiciels doivent être effectuées si possible aux heures creuses et sans perturber l'ensemble du système. En dehors de cela, la mise en réseau du système de bout en bout présente d'autres défis.
Par exemple, une panne d'Internet peut entraîner une panne des principaux équipements techniques du bâtiment (par ex. lumière, chaleur). La communication avec les locataires est aussi souvent plus exigeante. Dans le domaine de l'habitat en particulier, les habitants âgés ou handicapés sont souvent dépassés par l'utilisation et l'application des systèmes intelligents, ce qui entraîne rapidement une augmentation des dépenses pour l'exploitant et la gestion. Pour garantir la sécurité de fonctionnement, il est également essentiel que les systèmes utilisés soient fiables et durables.
Un bon exemple est l'interrupteur classique qui fonctionne sans problème pendant plus de 30 ans. En revanche, l'écran tactile d'une application smart home a une durée de vie beaucoup plus courte et atteint la fin de sa vie au plus tard après 15 ans, les premières pannes pouvant déjà survenir après 10 ans. C'est encore plus grave si le fournisseur du système cesse de le soutenir après seulement quelques années pour cause de "fin de support". Comme ces systèmes deviennent généralement inutilisables, par exemple en raison de l'absence de mises à jour de sécurité, ils doivent être remplacés.
Principes de base lors de la planification et de la mise en service
Dès la planification des bâtiments intelligents, il faut appliquer le principe suivant : "Tout ce qui est techniquement possible n'est pas forcément judicieux et intelligent". Prenons un exemple : L'utilisation de badges numériques sur les boîtes aux lettres est-elle vraiment judicieuse si elle nécessite une interface technique pour la transmission des noms des locataires, alors que l'expérience montre que seuls 10 % des locataires changent chaque année ? C'est pourquoi les cas d'application intelligents doivent être examinés de manière critique dès la phase de planification, au mieux avec le soutien de l'exploitant et de la gestion.
La clarification de la souveraineté des données et des interfaces est également très importante. Il est important de définir clairement la responsabilité de l'exploitation et de la vérification des interfaces techniques avant leur création et de régler clairement les processus nécessaires. Cela permet d'éviter que les différents fournisseurs de systèmes ne se rejettent mutuellement la faute en cas de problèmes avec les interfaces.
En outre, il faut prévoir un réseau technique comme structure de communication de base dans le cadre de la planification de la domotique. Cela permet un échange sûr et réglementé entre les systèmes ainsi que la connexion à Internet. En ce qui concerne la sécurité des données, il vaut la peine de collaborer avec des professionnels afin de mettre en place une stratégie de données qui aborde les aspects de sécurité, la loi sur la protection des données et la gouvernance des données. Les systèmes de smart office et de smart living actuellement proposés sur le marché proviennent souvent de petits fournisseurs de systèmes qui ne se sont établis que récemment sur le marché. Dans le cadre de l'appel d'offres du système, il est nécessaire que ces fournisseurs confirment le respect des lois sur la protection des données actuellement en vigueur.
Enfin, lors de la mise en service et de l'acceptation des bâtiments intelligents, il est essentiel de s'assurer que les systèmes fonctionnent bien ensemble dans tous les modes de fonctionnement. En plus des tests complets, cela implique également de tester en mode hors ligne. Cela signifie vérifier comment les systèmes se comportent en cas de panne d'Internet ou de défaillance de certains systèmes.
Nous devons être conscients que la transformation numérique et les développements technologiques qui y sont liés progressent inexorablement. Aujourd'hui, chaque grand projet de construction intègre des composants numériques. Les coûts peuvent augmenter considérablement si cela se fait de manière non coordonnée et sans tenir compte de l'organisation de l'entreprise ou des besoins des utilisateurs.
La question n'est donc pas tant de savoir si un bâtiment intelligent sera construit, mais plutôt de savoir comment il sera mis en œuvre. En effet, dès qu'un certain nombre de cas d'utilisation numérique sont prévus, il est judicieux de développer un concept global par des spécialistes confirmés et de clarifier les questions fondamentales à l'avance.
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